De la compulsion émotionnelle au choix relationnel

on novembre 4, 2015 in Blog, Homepage with no comments by

« Comment puis-je agir autrement qu’en interrompant la discussion dès que l’atmosphère devient conflictuelle ? ». « Comment puis-je arrêter de me justifier dès qu’on me pose une question ? ».

C’est ainsi que deux dirigeantes formulent leurs demandes lors de leurs séances respectives de coaching.

Ne pas savoir agir autrement que « d’une certaine manière », nous indique que nous sommes pris dans un comportement relationnel compulsif.

Nous avons perdu notre capacité à choisir notre action dans cet espace qui existe entre « un déclencheur » et « une action », cet espace que le neurologue et psychiatre autrichien Viktor Frankl décrit comme l’espace de la liberté humaine.

Toutes nos actions et nos décisions ont une base émotionnelle. Toute personne qui persiste à ignorer sa dynamique émotionnelle propre, finira par agir par compulsion émotionnelle et perdra ainsi son aptitude à faire des choix relationnels en fonction des personnes, des enjeux, de la situation, de son propre état intérieur.

Or, la qualité relationnelle est une source majeure de réussite pour tout projet, qu’il soit individuel ou collectif, personnel ou professionnel.

Comment récupérer la liberté de choix ? En alliant acceptation et discipline, c’est-à-dire :

  1. Accepter que nous sommes des êtres humains, essentiellement mis en mouvement par une dynamique émotionnelle qui est propre à chacun.
  1. Connaître ses « déclencheurs klaxons » : j’ai pu observer dans mon bureau que mes clients réagissent tout à fait différemment par rapport à des bruits de klaxons provenant de la rue. Quelques clients se sentent immédiatement irrités, voire agressés et ils ont tendance à me dire que le klaxon « les met en colère». Or ceci n’est pas juste. Le klaxon, lui, est neutre. Il ne peut que déclencher une irritation que nous avons à l’intérieur. La preuve, d’autres clients n’entendent même pas le klaxon et d’autres encore le remarquent, le nomment et font un commentaire du genre « c’est désagréable ce matin» et l’échange continue.

Les indicateurs que nous sommes en présence d’un déclencheur : (1) nous sommes irrités, (2) nous voulons agir, notamment fuir ou agresser et (3) nous avons des pensées peu valorisantes du genre : « pourquoi encore moi ? », « jamais tranquille », « il a toujours un commentaire », « je perds mon temps », « il n’a qu’à aller à l’essentiel »…

  1. Identifier ses « réactions compulsives » :  Partir systématiquement quand l’atmosphère se tend, parce que l’on est incapable d’agir différemment, est un comportement compulsif, tout comme couper la parole dès que l’on ressent de l’impatience ou encore se défendre dès que l’autre émet un doute ou pose une question. Savoir les identifier et leur donner une étiquette, comme par exemple « klaxon impatience » permet de s’en libérer plus rapidement.
  1. S’engager avec discipline : Pour nous libérer de ces comportements, nous avons trois possibilités :
  • choisir un autre comportement pour remplacer le « comportement par défaut »
  • agir consciemment par compulsion
  • respirer pour accroître l’espace entre déclencheur et action.

Ma première cliente a choisi de remplacer son comportement compulsif « interrompre la discussion dès que l’atmosphère se tend » par « je pose au moins deux questions pour gagner du temps ».

Mon autre cliente a appris à remplacer son comportement compulsif de justification en respirant deux fois avant de répondre et en remplaçant systématiquement son expression « parce que » par « pour que ».

Toutes deux ont ensuite été capables d’identifier leurs autres déclencheurs majeurs et elles ont accru au fur et à mesure leur potentiel d’action et leur manière de diriger.

Viktor Frankl a dit «  Entre le stimulus et la réponse il y a un espace, dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir notre réponse et dans notre réponse se trouve notre capacité à grandir et à devenir libres ».

Tant que nous sommes assujettis à nos réactions compulsives, nous sommes coupés de notre potentiel de liberté.

Tant que nous sommes coupés de notre potentiel de liberté, nous ne pouvons pas réinventer nos relations et mener des transformations d’envergure.

Et dès que nous retrouvons notre liberté intérieure, nos possibilités et notre inspiration s’accroissent de manière visible « à l’extérieur ».

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