Posted by shf

La vulnérabilité est à l’origine de notre puissance

on juillet 9, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

Récemment, Roberto Alagna, un des grands ténors lyriques, a perdu sa voix au beau milieu de sa performance dans le Trouvère à l’Opéra Bastille.

Démuni de son génie, il s’est ainsi retrouvé seul face à sa vulnérabilité. L’attention du public s’est suspendue un instant : comment la grande star va-t-elle réagir ? Au lieu de fuir en quittant la scène, Roberto a calmement choisi d’apaiser sa voix avec un peu d’eau… pour se remettre aussitôt à chanter !

Tonnerre d’applaudissements du public qui comprend le refus de Roberto de renoncer et de se cacher seul derrière les grands rideaux. Soutenu également par ses partenaires de scène, Roberto chante une nouvelle fois “Di quella pira” avec toute son âme et toute sa passion. Sa voix abimée s’exprime à nouveau, sa générosité illumine autour de lui, sa joie de chanter est contagieuse … Il ose montrer sa vulnérabilité et nous invite ainsi à nous connecter à la notre.

En acceptant notre vulnérabilité, nous ouvrons délicatement une porte vers l’humanité. 

Un dirigeant qui, comme Roberto, expérimente et expose sa liberté d’être vulnérable nous inspire.
Car pour donner le meilleur de nous-même, nous avons besoin d’abandonner la zone de confort de nos forces pour faire émerger celle de notre fragilité aux yeux de tous.

Et vous, comment partagez-vous votre vulnérabilité pour qu’elle inspire votre entourage ?

 

La gêne du plaisir

on mars 20, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

« En quoi puis-je vous faire plaisir » me demande le serveur du restaurant pour attirer mon attention. Cette phrase qui change de l’ordinaire m’interpelle car elle fait échos aux idées que développe le scientifique américain Robert Lustig dans son dernier livre : « The Hacking of the American Mind ». Il y attire notre attention sur le fait que notre quête frénétique du bonheur est subvertie par une culture de la dépendance et de la dépression.

Pour étayer son propos, Robert Lustig s’appuie sur les neurosciences qui distinguent les notions de plaisir et de bonheur, notamment les voies neuronales différentes du plaisir et du contentement et les influences distinctes de la dopamine et de la sérotonine sur notre organisme.

Ce regard assez peu poétique (quoi que ?) sur nos comportements m’interpelle : d’un côté les entreprises et leurs équipes sont en quête de sens, de bonheur et d’humanité dans leurs relations ; et de l’autre coté la recherche du plaisir est de plus en plus fortement légitimée comme le souligne encore cet article des Echos : « Travail, si on prenait du plaisir » ?

Dans les entreprises, la majorité des systèmes mis en place pour motiver les collaborateurs cultivent plus les mécanismes de plaisir / récompense que ceux du bonheur / contentement. Cela s’observe tant en interne pour favoriser l’engagement des équipes dans une transformation, par exemple, qu’en externe pour augmenter le chiffre d’affaires via la fameuse « expérience client ».

Pourtant le plaisir ne répond pas au désir de l’âme

bien au contraire, le plaisir n’est qu’une sensation éphémère qui engendre un « j’en ai besoin de plus… ». Ainsi, des spirales relationnelles toxiques peuvent se développer et comme le circuit de la récompense répond aussi au besoin de satisfaction immédiate, toute recherche de plaisir peut, à terme, favoriser une forme d’hyperactivité déconnectée du sens profond que nous recherchons tous. Donc …

 

Plus nous cherchons le plaisir, plus nous sommes malheureux

Intéressée par la (re)découverte de ce fonctionnement pourtant très humain… je me suis posée à moi-même les questions suivantes :

  • Est-il possible que trop d’encouragements positifs à mes clients engendre une dépendance et non une véritable transformation ?
  • Est-il possible que mon envie de lancer une multitude de projets génère de la dopamine dans mon cerveau, neurotransmetteur qui ne favorise qu’un soulagement momentané ?
  • Est-il possible que je sois à la recherche du plaisir sucré des « likes » en publiant ces articles plutôt que de la joie équilibrée de l’écriture pour soi-même, du partage et de la transmission ?

En échangeant récemment avec un dirigeant autour de la notion de reconnaissance, il m’a confié :

« Embarquer des équipes via la récompense – et donc le plaisir – est plus facile et plus rapide que de les aider à développer leurs compétences de contentement et de joie » ; c’est leur problème, pas le mien… ».

Fort heureusement, j’ai plus souvent le bonheur (et non pas le plaisir) de constater que beaucoup de  grands dirigeants et managers privilégient les notions de bonheur et de joie à celle de plaisir et cultivent quotidiennement leur quête de sens, d’inspiration et de contentement intérieur…

Et vous ? Optez-vous pour la voie facile de la récompense – plaisir ou êtes-vous prêt à choisir le chemin un peu moins fréquenté du bonheur qui transforme et inspire ceux qui travaillent avec vous ?

Bonne semaine à tous 😉

Sabine

 

Francis Cabrel et la dame fâchée

on mars 7, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

La semaine dernière, j’étais tranquillement installée dans un café quand – vacances obligent – cinq jeunes enfants ont soudainement fait irruption dans la salle, accompagnés de leurs parents et grands-parents. L’ambiance du lieu a instantanément changée, les rires des enfants couvrant la douce voix de Francis Cabrel qui enveloppait le café, se mêlant alors harmonieusement aux conversations basses des adultes. Comme souvent en pareille situation, le mouvement de vie créé par les enfants en a enchanté certains… et dérangé d’autres.

Après avoir savouré mon café et, pour ce qui me concerne, cette capacité unique des enfants à créer des moments de rupture, de chaos et de joie, je décide de quitter le café pour vaquer à mes occupations… lorsqu’en refermant la porte, j’entends un des parents dire aux enfants : « Vous voyez, la dame est fâchée ».

Après quelques pas à l’extérieur, je prends petit à petit conscience de l’impact de cette phrase sur moi et les enfants. Non seulement cela ne correspondait pas à mon état intérieur, mais en plus, mon soi-disant état de « dame fâchée » était utilisé par un adulte pour générer une pression sur des enfants, voire pour engendrer chez eux un sentiment de culpabilité.

Coach un jour, coach toujours, je retourne dans le café pour signifier que je n’étais pas du tout fâchée, bien au contraire. Je décide de m’adresser directement aux enfants pour leur dire que j’appréciais leur énergie et qu’il n’y avait aucun problème pour moi. Leurs visages se sont illuminés de joie tandis que les adultes ont répondu par des sourires gênés comme seules les grandes personnes sont capables d’en produire…

Combien de fois quittons-nous une réunion en faisant un commentaire sur l’état d’âme de quelqu’un ?

« Il n’était pas très en forme », « Elle était silencieuse aujourd’hui » … Combien de fois projetons-nous notre propre état émotionnel sur ceux qui nous entourent, phénomène que la neuroscience appelle « contagion émotionnelle » ? Combien de fois, utilisons-nous une troisième personne pour créer une pression sur quelqu’un car nous n’avons pas le courage de partager notre propre perception ? « Ton manager ne vas pas apprécier ces résultats ».

La manière dont nous faisons des commentaires sur les autres laisse toujours une trace, les mots que nous utilisons ont toujours un impact

Oser utiliser un état d’âme supposé d’une tierce personne, en son absence, pour chercher un effet particulier sur des gens présents est doublement triste : c’est une manière sournoise de créer de la méfiance, de la peur, voire de la violence dans les relations.

Comme chantait Francis Cabrel au moment où il fût interrompu par les enfants :

« Les mots sont comme les parfums qu’on respire ».

Et vous, de quel parfum seront les mots que vous choisirez pour votre entourage cette semaine ?

Bonne semaine à tous

Sabine

 

Déménager : continuation ou transformation ?

on février 21, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

Je suis en train de déménager et tout en faisant les cartons les uns après les autres, une question m’a intriguée …En quoi déménager et réinventer sa stratégie de succès peuvent avoir des points communs ?”

Tout d’abord, déménager c’est faire le deuil du passé ; c’est aussi trier ce que je garde et ce que je laisse ; c’est choisir de vivre la situation comme un moment d’épanouissement ou de stress et c’est enfin imaginer son futur espace de vie avec joie ou se focaliser sur l’ancien avec regrets.

Et si le moment du déménagement était l’occasion de faire le point sur ma posture, mon leadership et mes relations ?

  • Ainsi, je peux faire la liste des succès les plus significatifs de mon passé professionnel tout en choisissant de ne plus m’y référer pour laisser la place à ceux à venir.
  • Je peux conserver mes valeurs fondamentales – générosité, co-création, liberté – et renoncer à d’autres qui ont jusqu’ici défini, en partie, ma relation à l’autre : exigence et dépendance.
  • Au lieu de me créer du stress en voulant perfectionner mes compétences, je peux investir mon temps pour découvrir mes zones de vulnérabilité, favoriser une “culture de l’improbable” et nourrir mes belles relations.
  • Et enfin, je peux imaginer ma future posture comme étant « apporteuse d’énergie et d’inspiration positive » au lieu de persévérer dans une attitude de doute et d’effort.

Nous avons tous déjà déménagé au moins une fois dans notre vie, qu’il s’agisse d’un déménagement à titre personnel ou professionnel, qu’il soit choisi ou contraint. Nous l’avons vécu avec un mélange de joie, de difficulté et d’imprévu. Et même si chacun vie cette situation à sa façon, il est indéniable qu’il s’agit pour nous tous d’une formidable opportunité de transformation.

Car tout « déménagement » nous connecte à notre compétence de faire des choix …

… et chacun de nous peut saisir cette occasion pour apprendre à se détacher de son passé pour devenir acteur d’un destin nouveau.

Et vous, qu’est-ce qui en ce moment ressemble à un déménagement dans votre vie ?

Bons cartons à tous 😉

 

Il neige… ou quand l’invisible devient visible

on février 6, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

Comme beaucoup d’endroits ce matin, Garches était recouverte de neige. La neige a cette faculté impressionnante de cacher l’ordinaire en créant un voile d’innocence qui rend tout à coup visible la beauté du silence.

Comment ne pas s’arrêter un moment pour savourer cet instant si particulier ? Les gens marchaient plus lentement… observant leurs traces de pas sur un terrain vierge comme au premier jour…

« Inconsciemment conscients » de ce moment spécial, les enfants cherchaient quant à eux à ne pas marcher dans les traces de leurs amis, mais à créer à chaque fois un nouveau chemin… le leur. Pour expérimenter, ils prenaient aussi plaisir à co-créer un chemin à deux, à croiser le chemin d’un autre, voire parfois même à l’effacer ! Chaque enfant marchait quelques pas… puis se retournait pour regarder ses traces… avant d’avancer de nouveau.

J’ai vécu la joie des enfants en prenant un instant pour les imiter, savourant ainsi un moment merveilleux de « solitude dans la rencontre ».

Dans notre vie, beaucoup de traces uniques que nous laissons sont invisibles.

Les actions que nous nous menons ne révèlent pas toujours leur empreinte singulière … les idées que nous partageons ne sont pas toujours créatrice d’un nouveau chemin… Mais n’oublions pas que la neige, pour un court instant, nous révèle cette vérité fondamentale :

notre chemin est toujours unique, nos pas créent toujours une trace particulière,

même si elle est la plupart du temps « invisible pour les yeux ». Il nous appartient d’en être conscient et de ne jamais en douter…

Avec nos pensées, nos émotions et nos actions, nous créons chaque jour une empreinte unique, un pas après l’autre. A chaque moment nous avons le choix de changer de pas, de créer une nouvelle route ou de simplement continuer. Mais pour que ce chemin soit visible, nous avons souvent besoin de la neige.

Pourquoi ne seriez-vous pas la neige de quelqu’un qui ne voit pas son chemin?

Beaux moments magiques à tous,

Sabine

Rivalité éternelle ou co-création réelle ? Focus sur exemple venu d’ailleurs…

on février 5, 2018 in Blog, Homepage with no comments by

Dans un monde qui prône la collaboration, la co-création et l’agilité, chaque dirigeant, coach ou manager peut trouver des exemples d’inspiration. En voilà un…

Le Monde a publié le 29 janvier un article résumant la complexité relationnelle entre le somptueux guépard et ses 115 km/h, et l’étonnant impala, l’un des animaux les plus agiles de la planète. L’antilope d’Afrique australe est en effet un exemple très inspirant d’agilité : elle est rapide (90 km/h), endurante et surtout explosive ; capable de virages serrées et de sauts impressionnants (jusqu’à 3 mètres de haut et 11 mètres de longs).

Ce duo « guépard – impala » est inséparable et interdépendant :  ils partagent les mêmes territoires et aucun autre animal ne s’interpose dans leur relation.

Dans cet article, les chercheurs nous partagent quelques observations inspirantes pour notre monde à nous :

  • Un avantage a priori décisif : Le guépard dépasse son compagnon de 38 % en vitesse, de 37 % en accélération et de 72 % en décélération. Nous pouvons donc conclure que le guépard a tout pour gagner sur son rival… sauf qu’il existe …
  • Une vérité renversante : « Lors d’une chasse, c’est toujours la proie qui choisit la trajectoire et la vitesse. Le guépard a donc toujours au moins une foulé de retard … »
  • Une agilité interdépendante : « Ainsi le guépard doit tenter de prévoir la stratégie de l’impala, qui lui, doit se rendre imprévisible ». L’impala cours donc parfois au ralenti pour pouvoir accélérer si nécessaire alors que le guépard, lui, ralentit pour pouvoir mieux appréhender les virages de son adversaire.

Conséquence étonnante de cette vie en duo : les rapports entre les deux animaux sont proches, leurs stratégies se ressemblent et leurs taux de succès également.

Chacun maximise ses forces, prend soin de son énergie et évolue en fonction de l’autre.

Un beau résumé de « la loi de la co-évolution » que nous vivons en entreprise…

Tout dirigeant qui désir s’engager, lui et son organisation, dans une dynamique de « co-évolution, peut s’inspirer de cet exemple pour se poser les quatre questions suivantes :

  • Suis-je plus souvent le guépard ou l’antilope ?
  • Comment aiguiser mes forces au lieu de me concentrer sur mes « points à améliorer » ?
  • Comment m’appuyer sur les réactions des autres pour influencer le système dans son ensemble ?
  • Comment prendre soin de mon énergie ?

Plus les réponses à ces questions deviennent claires, plus le dirigeant va gagner en impact, en influence et en santé personnelle car la loi de la co-évolution nous rappelle ….

… que nous faisons partie d’un system relationnel humain et par conséquent, c’est grâce à l’autre que nous sommes ce que nous sommes.

Bonne semaine de co-évolution à tous,

Sabine

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